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Paroles de Paix : “La paix réside dans le cœur de chaque être humain. La paix doit émaner de vous.” — Prem Rawat

| Livre : Devenir chaman
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      2. Où réaliser les cérémonies ?

      La grotte, site de réunion et de rite, symbolise la pureté totale, à l'intérieur de laquelle on respire le calme et la tranquillité, le silence et la paix.

      Les montagnes furent l'objet d'adoration, pratiquement générale, comme résidence des dieux. Les mayas, avec leurs immenses volcans, purent être les initiateurs de cette vision, parce que les grands cratères et les sources d'eaux thermales de cet environnement primaire remplissait ces conditions.

      La caverne sacrée représente la matrice du monde, elle a été la source de la vie. Son humidité, son obscurité, sa pureté, le souffle qui se lève, tout rappelle l'utérus maternel. La grotte et la montagne, comme symbole de la Déité, ne sont pas contraires, mais complémentaires, comme l'homme et la femme. Ce critère de dualité est présent dans toute la culture maya et dans beaucoup d'autres cosmovisions.

      La montagne comme domaine de l'éducation endogène.
      Au sommet des montagnes, il y a de petites plaines où se trouvent les anciens autels, et où se rendent les anciens pour réaliser leur offrande (Toj) et leurs demandes/prières. (Mejelem/Xukulem). Ces lieux sont des domaines naturels et sacrés, où se réalisent certaines modalités éducatives du système endogène, par exemple l'initiation.

      En réalité, on peut réaliser une cérémonie en n'importe quel endroit, mais il y a des centres spéciaux où l'énergie se concentre, lieux sacrés, appelés autels, "quemaderos".

      Généralement ce sont des lieux situés au sommet des monts, où converge l'énergie et où très souvent existent des nawales, comme des pierres que nous laissèrent nos ancêtres (Abuelos). Il y a d'innombrables autels dans notre pays, certains plus énergétiques que d'autres, ce peut être aussi des grottes.

      Nous pouvons mentionner : El Chikaj, El Hunahpú, El Pecul, El Yaxkanul, El Macamob’ El Uliznab', El Sampual, El B’atz’ibal, El Pulch’ich’. Iximché, Mixco Viejo, Tikal, Piedras Negras, Uaxaktun, Kaminal Juyu, Tak’alik Ab’aj, Saqulew, Gumarkaj, Kab’awil, Laguna de Chwikab’al, El Atitlán, El Ajaw, etc.

      Les sites plus petits, ou petits autels, où réside l'énergie positive pour demander des forces. Il y a de nombreux autels de toutes tailles et locations diverses sur notre territoire [de Guatemala], beaucoup sont endormis car personne ne s'en occupe plus ou on ne sait pas qu'ils existent, mais peu à peu ils sont réactivés pour l'accès de la plupart de nos frères, qui sont chaque jour plus nombreux à vouloir connaître et vivre notre spiritualité.



      3. Qui réalise les cérémonies ?

      Le sentiment de faire Un avec la nature fait que nous manifestons notre remerciement au Ajaw en différentes occasions ou événements de la vie quotidienne, familiale, individuelle ou communautaire, pour remercier, demander.

      Il y a une infinité de types de cérémonie et, selon le cas, on utilise différents éléments pour constituer ce qui va être offert. Le Ajaw reçoit n'importe quelle quantité car il connaît la situation de chacun, et le plus important est l'intention de remercier et offrir quelque chose. La taille de l'offrande dépend de la volonté de la personne qui offre.

      Quand une personne entre dans la Cosmovision, toute sa vie quotidienne commence à tourner autour de la spiritualité, le calendrier guide sa vie et tous les moments sont de remerciement, et les moments indiqués dans le calendrier sont pour réaliser des cérémonies plus formelles, que ce soit par nécessité, pour raison de maladie, remercier une faveur, demander de l'argent, la santé, un voyage, ou un mariage, un anniversaire, etc.

      On se met d'accord avec le Ajq'ij (Guide Spirituel) qui va consulter l'endroit, les offrandes qui seront utilisées, et le jour propice pour la réalisation de la cérémonie. Généralement, quand il s'agit d'une cérémonie familiale, toute la famille se rend à la cérémonie, quand c'est personnel, seule la personne intéressée va avec le Guide Spirituel pour faire la cérémonie.

      Pour les grandes festivités mayas indiquées dans le calendrier, comme le Wajxaqib’ B’atz’, Jour de la Mère Nature, Jour de la Femme, Jour de l'Homme, Nouvel An du calendrier agricole, changement de Porteur de l’année, beaucoup de gens se réunissent et cela devient une grande fête avec repas, marimba (...), des fusées et des pétards explosent, on danse au rythme de la musique, c'est une fête communautaire conviviale.

      4. Le sens du Kojow kotz’ij, Xukulem, Mejelem (de la cérémonie Maya)

      Nos Ancêtres, nos grands-pères et grands-mères, (les Abuelos) disaient toujours : "Tout réside dans les genoux", cela veut dire que  tout dépend combien de fois et combien de temps nous nous agenouillons, car c'est dans cette mesure que nous serons remerciés ; nous devons nous incliner devant nos pères, devant nos anciens, avec un profond respect.

      Devant le Ajaw, plus nous nous souvenons de lui, plus nous nous agenouillons et sommes humbles, plus nous serons reconnaissants pour tout ce que nous recevons, et plus nous recevrons dans notre vie, c'est la loi de la compensation, de ce que nous faisons dépendra ce que nous recevrons, si nous agissons bien, nous recevrons de bonnes choses ; si nous agissons mal, nous recevrons le mal.

      "La spiritualité maya est concrète, et non abstraite, elle utilise des choses concrètes, qui existent dans la nature."

      Signification des couleurs

      Les couleurs sont prises de la nature elle-même, et de ce qu'elle nous offre.

       Le rouge 
      C'est l'idée, le chemin qui éclaire, sa signification est le soleil, le sang, le feu, la force, le maïs rouge. Quand nous nous levons, nous regardons toujours vers l'orient, vers le soleil levant, notre premier comportement est de voir le soleil.

      Le noir
      Est comparé avec le maïs noir, il signifie l'obscurité, la mort, les mauvaises idées, la nuit, le repos, l'espoir car il permet de récupérer de l'énergie, pour recharger les batteries déchargées durant le jour, l'espoir que ce que tu n'as pas pu faire aujourd'hui tu le feras demain, le sens de la continuité, pas de la fin.
      Et dans notre corps, nous pouvons le trouver dans les grains de beauté, dans le noir des yeux, dans les cheveux. Une explication : la bougie noire se consume plus rapidement que les autres, à cause de la peinture noire et parce que c'est un phénomène naturel qui veut que le noir attire davantage la chaleur et qu'il se consume plus rapidement.

       Le blanc 
      est comparé au maïs blanc. C'est la pureté, la couleur de la vie, couleur de la semence, blanc d'œuf, la graine, l'air, souffle de vie, les os, le blanc des yeux.

       Le jaune 
      C'est le Q’anil, la maturité, le noyau, la graine, la richesse, la maladie, si la graine ne germe pas, la stérilité, il faut faire une offrande à Q’anil pour qu'il y ait reproduction, nous pouvons le trouver présent dans la peau, dans les muscles.

       Le vert 
      C'est l'environnement, les plantes, la nature, et c'est pourquoi il faut demander l'autorisation pour tout ce que nous réalisons. Nous avons perdu beaucoup de valeurs, et ce que nous souffrons maintenant en est la conséquence.

       Le bleu 
      C'est l'atmosphère, l'eau, l'espace.

      L'envahisseur ne comprit pas la raison de tant d'éléments, tant de couleurs dans notre spiritualité, et il dit alors que nous étions polythéistes. Il vit qu'il y avait six couleurs et vingt jours, il en tira rapidement la conclusion : il y a 26 dieux, par conséquent ils sont polythéistes.

      Cœur du Ciel, Cœur de la Terre, Cœur de l'air, Cœur de la mer. Celui qui doit toujours être avec moi dans la réalité.

      Dans d'autres religions, lorsque l'on dit “Père”, quand pouvons-nous le voir ? Il est abstrait, il est comme un papa irresponsable, parce qu'un père qui ne se montre pas est irréel, il est là-haut pendant que nous autres sommes ici, en bas, dans la m...isère
      La différence : avec le Dieu chrétien, le père est en haut ; en revanche, le maya, Cœur du Ciel,  Cœur de la Terre, le Père Soleil, Air, Eau, Terre, Feu, n'est pas abstrait, il est bien réel.

      Les fleurs

      Nos ancêtres disaient que les fleurs sont des présents ou offrandes, en remerciement. Dans le Pop Wuj, il est écrit que les fleurs aidèrent à sauver Junajpu et Ixbalanke des dangers de Xibalba, avec 4 paniers de fleurs. C'est pourquoi, ceux qui sont nés un jour Ajpu doivent avoir un pot de fleurs dans leurs maison, car c'est leur Nawal.

      5. Le matériel utilisé dans la cérémonie

      Le matériel utilisé pour réaliser une cérémonie est très divers, cela dépend du type de cérémonie, de la volonté de celui qui offre ou de ses moyens économiques.

      • Le Pom ou copal, qui est fait de la résine des arbres, est l'offrande par excellence, sa fumée est très odorante, il y en a de différentes sortes et tailles, (…) ;

      • La Cascarita (écorce), bloc d'écorce d'arbre très odorante ;
      • Les bougies de neuf couleurs qui résument toutes les couleurs dont est formé la nature, servent à demander selon les besoins de celui qui offre. La bougie de suif est utilisée à la mémoire de nos défunts, pour les appeler et leur conter nos peines et nos besoins.
        La bougie de suif est utilisée comme offrande aux défunts, l'esprit qui est avec nous, alors que la matière a été purifiée et est retournée à la terre. Cette bougie est un élément qui est dans son état naturel, un état qui ne sera transformé que par la chaleur, mais qui ne contient aucun autre élément. Les autres bougies contiennent des éléments comme les couleurs. Pour ces esprits invisibles, il faut utiliser un symbole qui correspond à la réalité.
      • Le cuilco, en forme de pièces, pour payer face au nawal de chaque jour pendant les 20 jours ;
      • L'encens, avec son arôme naturel, pour remercier le Ajaw ; il y en a de différentes sortes ;
      • Le chocolat, pour remercier et demander pour un besoin important ;
      • Le sucre, pour adoucir ce qui est amère, sert aussi pour pouvoir lire dans le feu ce que veulent nous dire le Ajaw et les Abuelos (Ancêtres, Esprits) ;
      • La canelle, qui en certaines occasions est mastiquée et offerte au feu pour retirer les amertumes de celui qui offre ;
      • Le ocote (Pinus montezumae), qui est très significatif puisque selon le Popol Wuj, ce fut le ocote qui sauva nos ancêtres du danger qui les guettait à Xibalba ;
      • L'aguardiente (eau-de-vie), il est bon d'en offrir à nos Ancêtres/Esprits, pour apaiser la soif de ceux qui viennent écouter nos demandes, car pour eux l'aguardiente est médicinal, toujours quand il est pris avec mesure. Avec l'aguardiente, il y a eu des problèmes dus aux exagérations, le mauvais usage entraîne des problèmes, c'est pour cela que beaucoup de guides spirituels ne l'utilisent pas, mais parfois c'est nécessaire ;
      • Les fusées et les pétards, servent à annoncer la joie de la fête, aussi pour annoncer ce qui se passe dans le conseil et le consensus qu'ont les Abuelos, car c'est en les invoquant que ceux-ci viennent au rendez-vous dans le feu. Leur présence se manifeste dans le mouvements des flammes, des étincelles qui sautent vers les différents points cardinaux, dont la signification dépend de la direction ;
      • L'œuf, est un élément important, généralement il est utilisé pour faire une consultation ou une demande, cela dépend s’il éclate ou non, en quel point cardinal il éclate, etc. ;
      • Les coqs, poules et colombes, ces animaux sont utilisés en les sacrifiant pour une demande majeure, en offrant le sang en les égorgeant, parfois on met tout le corps de l'animal jusqu'à ce qu'il soit consummé, d'autres fois on le prépare en le cuisinant et on le partage en le mangeant ;
      • Les cigares et cigarettes, spécial pour poser des questions ou faire des consultations, et parfois il est nécessaire de fumer une cigarette pour accompagner les abuelos ;
      • Les herbes, la fonction principale de certaines plantes est de saturer les personnes présentes pour retirer le mal qu'elles ont dans le corps ; entre autres, la Chilka, le laurier, la camomille, etc. ;
      • La myrrhe, est aussi une plante que l'on met dans le feu pour demander des forces positives ;
      • Le ajonjolí (sésame), est très bon pour les demandes dans le domaine économique devant Tz'ikin ;
      • L'agua florida, sert à nous nettoyer et à neutraliser tout le négatif, selon le type de cérémonie (…). Sert aussi à nous purifier avant la cérémonie ;
      • Le miel, pour adoucir les amertumes.

      Tous ces arômes vont ensemble comme offrandes et remerciement, et cet arôme agréable sert à demander au Ajaw, pour nos besoins, et pour remercier toutes les faveurs qu'il nous accorde. Tout est naturel et extrait de la nature, tout comme nous, nous sommes Un avec la nature.

      6. Comment se déroule la cérémonie

      Nos Ancêtres priaient ainsi :

      "Ô toi, Tzacol ! Bitol ! Regarde-nous ! Écoute-nous ! Ne nous abandonne pas ! Ne nous désempare pas ! Ô dieu qui est dans le ciel et sur la terre, Cœur du Ciel, Cœur de la Terre ! Donne-nous notre descendance, notre succession, tandis que chemine le soleil, tant ira le jour, tant ira l'aube ! Que soient nombreux les bons chemins, planes et sans embûche ! Que les tribus soient paisibles, emplies de paix et heureuses ! Que soit bonne et utile notre existence ! Celle que vous nous avez donnée, ô vous, Maître Géant Éclair, Trace de l'Éclair, Trace de Très Sage, Splendeur de Très Sage (Huracán, Chipi Caculhá, Raxa Caculha, Chipi Nanauac, Raxa Nanauac), Chasseur à la Sarbacane, Dominateurs, Puissants du Ciel, Enfanteurs, Engendreurs, Antique Secret (Ixpyiacoc), Antique Cacheuse (Ixmukane), Grand-Mère du Soleil, Grand-Mère de la Lumière. Que le jour se lève ! Que vienne l'aurore ! Ainsi priaient-ils tandis qu'ils guettaient et invoquaient la levée du soleil, l'arrivée de l'aurore.

      "Ô toi ! Beauté du Jour ! Toi, Huracan ! Toi, Cœur du Ciel et de la Terre ! Toi dispensateur de richesses, de la verte pluie d'été, du maïs du printemps, de fils et de filles ! Tourne vers nous ta face et répands ta gloire et ta richesse sur nous ! Concède à nos fils et vassaux la vie et la croissance ! Que se multiplient et grandissent ceux qui ont la charge de t'alimenter et de te soutenir, ceux qui t'invoquent sur les chemins, dans les champs, à la lisière des fleuves, dans les ravins, sous les arbres et les lianes !

      "Donne-leur fils et filles ! Qu'ils ne rencontrent pas la disgrâce, ni l'infortune ! Que ne s'introduise pas le trompeur ni devant, ni derrière eux. Qu'ils ne trompent pas, ne soient pas blessés, ni ne forniquent ! Qu'ils ne trébuchent pas ni en amont ni en aval du chemin. Qu'ils ne rencontrent pas d'obstacle, ni chose qui les frappe ! Qu'ils ne connaissent ni infortune, ni disgrâce !

      "Que soit bonne l'existence de ceux qui portent la substance et l'aliment à ta bouche, en ta présence, ô toi, Cœur du ciel, Cœur de la Terre, «l'Enveloppoir» de la majesté ! À toi, Pluvieux ! À toi, Semeur (Tohil, Avilix, Hacavitz) ! À toi, Volcan, Voûte du ciel, Superficie de la Terre, les quatre coins, les quatre points cardinaux !

      "Qu'il y ait seulement paix et tranquillité devant ta bouche, en ta présence, ô Dieu !"

      (Popol Vuh, Le Livre des Indiens Mayas Quichés, traduit de l'espagnol par Valérie Faurie, d'après la version d'Adrian Recinos.)




      "Ils considéraient le feu comme sacré, parce qu'ils croyaient que le feu servait de communication entre Dieu et l'homme, c'est pourquoi ils allumaient le feu au moyen de petits pains de résine qu'ils appelaient Pom, mais avant de participer à la liturgie, ils s'agenouillaient en regardant vers l'est et embrassaient le Soleil, ils lançaient la paume de la main vers le soleil et la ramenaient pour baiser le front de leurs doigts ; ils faisaient de même en se mettant vers les autres points cardinaux autour de l'autel primitif.

      Cela fait, ils allumaient la flamme et l'avivaient en mettant plus de pom, bougies, sucre, chocolat, et parfois boissons alcoolisées.

      Dans leurs prières, suppliques, ils se dirigeaient directement vers la flamme, parce qu'ils pensaient que par ce moyen de communication, Dieu entendraient leurs prières.

      Dans leurs rites solennels, ils sacrifiaient des animaux, comme les coqs, des animaux sauvages, d'abord avec le sang, en ensuite ils emportaient le corps de l'animal, le cuisaient pour le repas".

      Chávez, Adrián Ines. K’iche’ Tz’ib’, 1974.


      La cérémonie commence quand les matériels et offrandes sont disposés à leur place. La première chose à faire est un cercle avec du sucre en faisant une croix maya à l'intérieur, indiquant les quatre points cardinaux, ensuite on pose les pom (encens), bien disposés en faisant une pyramide jusqu'au dernier pom. Puis on met les autres matériels, les bougies, ocote, chocolat, miel, herbes.

      Cela étant fait, le Ajq'ij (guide spirituel) invite les personnes présentes à se préparer pour commencer la cérémonie, leur demande de se concentrer pour que les demandes soient faites avec beaucoup de foi. On allume le feu au centre et à partir de là s'ouvre l'esprit du guide spirituel pour voir les signaux et indications qui vont être donnés au cours de la cérémonie, et seront partagés avec les personnes présentes durant ou après la cérémonie.

      Le Ajq'ij commence à invoquer le Cœur du Ciel, le Cœur de la Terre Tz'aqol, B'itol, demandant l'autorisation et embrassant la terre avec révérence et invitant l'assemblée à faire de même.

      Il continue à demander et remercier, appelle les Ancêtres, les Esprits, pour qu'il soient présents et forment le conseil pour pouvoir aider les nécessiteux agenouillés en face d'eux, pendant que le feu continue de brûler, et l'énergie de tous va en se concentrant, et c'est à ce moment que le feu commence à parler.

      Le guide spirituel fait les demandes au fur et à mesure que sont énumérés les jours, comme il a commencé à payer avec le cuilco, et souvent ils s'attardent pendant l'énumération des jours parce qu'il y a des signaux, mais cela dépend de l'expérience du guide ; les demandes peuvent aussi être faites avec le ocote, les bougies, les œufs, ou avec l'encens ou le sucre qu'on répand peu à peu.

      Il arrive un moment où les personnes présentes sont saturées, pour leur enlever le négatif ou les maladies ou maux dont elles souffrent, ils embrassent les herbes et les mettent dans le feu.

      Il y a aussi un moment où le guide spirituel donne aux personnes présentes un peu d'encens, cuilco, mais aussi du sésame, de la myrrhe, pour qu'elles fassent leurs demandes et le posent dans le feu comme offrande.

      Quand le guide spirituel voit que la force du feu baisse, il va le remuer, pour continuer les demandes et lire les signaux. Quand on se concentre suffisamment et selon sa participation, c'est plus constant, on peut voir des signaux dans le feu.

      Quand la force du feu se termine et qu'il a été souvent remué, il se consume complètement, s'éteint, et ainsi prend fin la cérémonie ; la personne qui a offert la cérémonie est heureuse d'avoir offert au Ajaw et eu le contact avec les ancêtres, les esprits...

      7. L'importance du Feu

      Le feu a une importance vitale dans la vie de l'homme, ainsi que dans la cérémonie. Le Ajq'ij (Guide Spirituel), "celui qui travaille au moyen du compte des jours", est le guide qui peut faire ces offrandes comme intermédiaire et qui, selon sa consécration, peut et a la faculté de lire ce qui est dit par le feu. C'est comme une carte qui est posée devant lui et qu'il nous lit pour que nous puissions comprendre ce que veulent nous dire nos ancêtres, les Esprits, les Abuelos au sujet de nos demandes.

      Il est réellement impressionnant de voir comment, grâce au feu, les messages sont donnés par la rotation des flammes, par le sucre qui brûle, ainsi que les étincelles qui s'échappent à un moment précis. Et il y a beaucoup d'autres signes qui ne sont pas visibles à nos yeux, mais qui sont clairs aux yeux du Ajq'ij, mais cela dépend beaucoup de la disposition des personnes qui participent à la cérémonie et principalement de la disponibilité du guide spirituel, et du jeûne et de l'abstinence qu'il a observé pour que toutes ses facultés soient syntonisées et qu'il puisse percevoir le plus léger signal.

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